« On a faim d’idéal » : une invitation à repenser notre assiette

Et si la prochaine révolution ne se passait pas dans les urnes, mais dans nos magasins bio ? C’est le pari audacieux de la nouvelle bande dessinée « On a faim d’idéal », parue le 27 mai aux éditions Marubulles.

À l’Agora D.O.D.E.S., nous aimons les œuvres qui portent un regard sensible sur les mutations de notre société. Avec cet album, l’autrice Elizabeth Barféty et l’illustratrice Armelle nous offrent bien plus qu’une simple fiction : elles nous ouvrent la porte des coopératives bio, là où l’alimentation rencontre le militantisme.

Un travail d’immersion au cœur du vivant

Pour donner vie à cet album, Elizabeth Barféty n’a pas travaillé depuis son bureau. Elle est allée sur le terrain, à la rencontre des consommatrices, des consommateurs et des salarié·es des coopératives bio (notamment à Annonay et Bourg-Argental).

« J’ai effectué un travail de reportage. […] Ces personnes ont un rapport militant à la nourriture. La cohérence entre leurs vies professionnelle et personnelle m’a frappée. » –  Elizabeth Barféty

De ces échanges sont nés des personnages ancrés dans le réel : une religieuse organisant les courses pour sa communauté, un couple accueillant des enfants, ou encore cette héroïne qui, en découvrant les coulisses d’une coopérative, nous permet de comprendre les rouages, parfois opaques, du commerce alimentaire.

Dédramatiser pour mieux engager

L’un des points forts de On a faim d’idéal est sa volonté d’inclusion. L’autrice l’affirme : cette BD n’est pas réservée aux convaincus. Elle est conçue pour celles et ceux qui hésitent encore à « pousser la porte » d’un magasin bio, par peur de l’étiquette ou du sentiment d’intimidation.
En illustrant la réalité du quotidien et en abordant des concepts forts comme la Sécurité sociale de l’alimentation, l’ouvrage transforme une démarche parfois jugée complexe en une expérience humaine accessible, conviviale et pleine de sens.

Au-delà du produit : l’éveil d’une gouvernance démocratique

Si On a faim d’idéal séduit par sa dimension humaine, l’ouvrage résonne particulièrement avec les préoccupations de l’Agora D.O.D.E.S. en mettant en lumière la structure coopérative. À travers le quotidien de la Bionacelle, le récit lève le voile sur ce qui constitue souvent l’angle mort des commerces classiques : la gouvernance. Loin de la simple relation client-fournisseur, le magasin devient ici un espace de délibération où les choix stratégiques, les conditions de travail et l’ancrage territorial sont partagés. C’est dans cette dimension démocratique que la quête de sens des protagonistes prend tout son relief : en s’impliquant dans ces modèles, ils ne font pas que consommer, ils participent activement à la cogestion de leur outil de travail ou d’approvisionnement. Une lecture qui rappelle, avec justesse, que l’alimentation est un acte politique, et que la manière dont nous organisons nos structures de distribution est tout aussi déterminante que la qualité de ce que nous avons dans nos assiettes.

On a faim d’idéal – Disponible depuis le 27 mai aux éditions Marubulles.

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Bien sûr, nous organiserons prochainement un évènement autour de cette sortie !